Vers la cinquantaine, la peau traverse une période de transformation profonde. Ce n’est pas le temps seul qui est en cause : la chute brutale des estrogènes, caractéristique de la ménopause, prive les tissus cutanés d’un soutien hormonal essentiel à leur renouvellement. La peau perd en densité, en éclat, en souplesse. Ces changements peuvent être rapides et parfois déstabilisants.
Face à ce constat, certaines femmes se tournent vers le traitement hormonal de substitution, couramment appelé THS. Ce traitement vise à compenser le manque d’estrogènes dans l’organisme. Mais quels effets concrets peut-on attendre sur la peau ? Et que se passe-t-il lorsqu’on l’arrête ?
Dans cet article, je vous propose un tour d’horizon honnête et documenté des effets du THS sur la peau, de ses bénéfices réels à ses limites, en passant par ce que la science nous dit aujourd’hui.

Ce que la ménopause fait réellement à votre peau
La ménopause ne se résume pas aux bouffées de chaleur ou aux troubles du sommeil. Elle entraîne une série de modifications cutanées visibles, directement liées à la baisse des hormones féminines.
Le collagène et l’élastine mis à rude épreuve
Les estrogènes jouent un rôle central dans la production de collagène et d’élastine, deux protéines structurelles qui maintiennent la peau ferme et rebondie. Quand leur taux chute, la synthèse de ces fibres ralentit considérablement. La peau commence à se relâcher, les contours du visage s’affaissent progressivement et les rides se creusent plus franchement.
Selon des données publiées sur PubMed (National Library of Medicine), la peau perd en moyenne 30 % de son collagène dans les cinq premières années suivant la ménopause. Ce phénomène est particulièrement perceptible autour des yeux et des joues.
Pour comprendre la différence entre les ridules superficielles et les rides profondes qui se forment à cette période, je vous invite à consulter notre dossier sur les ridules versus les rides, leurs différences et comment y répondre.
Une déshydratation qui s’installe en profondeur
L’acide hyaluronique, naturellement présent dans le derme, retient l’eau et maintient l’hydratation des couches profondes de la peau. Les estrogènes stimulent sa production. Avec leur baisse, le stock d’acide hyaluronique diminue, et la peau se déshydrate plus facilement, même chez des femmes qui n’avaient jamais connu ce problème auparavant.
Cette sécheresse cutanée n’est pas qu’un inconfort esthétique. Elle fragilise la barrière cutanée et peut aggraver des sensibilités préexistantes.
L’effet paradoxal des androgènes
On pourrait penser que la ménopause signifie simplement une baisse de toutes les hormones. Mais la réalité est plus nuancée. Quand les estrogènes chutent, les androgènes — hormones dites masculines, présentes en petite quantité chez toutes les femmes — se retrouvent en proportion relative plus élevée. Ce déséquilibre peut provoquer une production accrue de sébum, l’apparition de boutons ou d’impuretés, ainsi qu’une pilosité plus marquée sur certaines zones du visage.
À découvrir dans la suite : comment le THS agit concrètement sur ces mécanismes cutanés, et ce que vous pouvez raisonnablement en attendre…

Les effets du THS sur la peau : bénéfices documentés et limites réelles
Le traitement hormonal de substitution apporte des estrogènes exogènes à l’organisme, sous différentes formes : patch, gel, comprimé ou anneau vaginal. Ces hormones agissent non seulement sur les symptômes systémiques de la ménopause, mais aussi sur les cellules cutanées elles-mêmes.
Ce que le THS peut améliorer
Les estrogènes administrés dans le cadre d’un THS interagissent avec les récepteurs hormonaux présents dans le derme et l’épiderme. Ils contribuent à relancer la production de collagène et favorisent la rétention d’eau dans les tissus. La peau peut retrouver un aspect plus souple, plus rebondi et mieux hydraté.
Les ridules de surface, liées à la déshydratation et au relâchement léger, peuvent s’atténuer. Chez les femmes en début de ménopause, qui n’ont pas encore développé de rides marquées, le THS peut aider à retarder leur apparition. La perte de volume du visage, souvent associée à cette période, peut également être partiellement freinée.
Par ailleurs, en rééquilibrant le rapport estrogènes/androgènes, le THS aide à normaliser la production de sébum. Les problèmes de peau grasse ou d’impuretés liés à l’hyperandrogénie relative tendent à s’atténuer, tout comme la pilosité excessive sur le visage.
Ce que le THS ne peut pas faire
Il est important d’être clair sur ce point : le THS n’est pas un traitement cosmétique et ne doit pas être envisagé comme tel. Il ne peut pas agir sur les rides profondes installées depuis des années, ni sur les dommages causés par une exposition solaire prolongée, le tabagisme ou d’autres facteurs environnementaux.
Le vieillissement dit « extrinsèque », lié aux rayons UV, à la pollution ou au mode de vie, ne répond pas au THS. Pour ces aspects, des soins ciblés restent incontournables, qu’il s’agisse de méthodes pour atténuer les rides profondes ou de protections adaptées.
Selon les informations disponibles sur Vidal.fr, le THS est prescrit pour traiter les symptômes climatériques gênants, pas pour des raisons exclusivement esthétiques. La décision de le prescrire relève d’un bilan médical complet, tenant compte des antécédents personnels et familiaux.
À découvrir dans la suite : ce qui se passe réellement sur la peau lorsqu’on arrête le THS, et comment accompagner cette transition en douceur…

L’arrêt du THS : quelles conséquences pour la peau ?
Le THS n’est pas destiné à être poursuivi indéfiniment. Après deux à cinq ans en général, selon le profil de chaque patiente et l’avis du médecin, un sevrage progressif est envisagé. Cette étape mérite d’être anticipée, car l’arrêt du traitement peut entraîner un retour de certains désagréments.
Un sevrage progressif pour limiter l’effet rebond
Un arrêt trop brusque du THS peut provoquer la réapparition rapide des symptômes de la ménopause : bouffées de chaleur, troubles du sommeil, irritabilité, mais aussi sécheresse cutanée. La peau, qui avait bénéficié d’un apport en estrogènes, se retrouve à nouveau privée de ce soutien hormonal.
C’est pourquoi les professionnels de santé recommandent de diminuer les doses progressivement, sur plusieurs semaines ou mois, pour laisser à l’organisme le temps de s’adapter à ce nouvel équilibre. Les informations disponibles sur Ameli.fr précisent que l’arrêt du THS doit toujours être accompagné médicalement.
La peau après l’arrêt : une nouvelle donne
Une fois l’arrêt du THS stabilisé, les effets cutanés les plus prononcés tendent à s’estomper progressivement. La sécheresse peut revenir, la peau peut sembler moins ferme. Cela ne signifie pas que le THS n’a servi à rien : il a contribué à préserver la qualité de la peau pendant la période de transition hormonale la plus intense.
Il est cependant rassurant de noter que les effets les plus inconfortables de l’arrêt du THS concernent davantage les symptômes généraux (bouffées de chaleur, qualité du sommeil) que la peau elle-même. La peau se réajuste, mais ce processus est plus graduel que les autres manifestations du manque d’estrogènes.
Après l’arrêt du traitement, il peut être utile de revoir sa routine beauté pour accompagner la peau dans cette nouvelle phase. Des actifs comme la vitamine C, le rétinol ou les peptides peuvent aider à maintenir la qualité cutanée. Des soins complémentaires comme masques, gommages ou peelings adaptés peuvent également soutenir le renouvellement cellulaire.

THS et peau : ce que la recherche nous dit aujourd’hui
La relation entre THS et vieillissement cutané fait l’objet d’études depuis plusieurs décennies. Les résultats sont globalement positifs sur le plan cutané, mais les chercheurs rappellent que les effets varient selon l’âge au moment de la prescription, la voie d’administration et la durée du traitement.
Des études un soin adaptés indiquent que les femmes traitées par THS présentent en moyenne une meilleure densité cutanée, une hydratation supérieure et un ralentissement de la perte de collagène par rapport aux femmes non traitées. Ces résultats, consultables sur PubMed, doivent toutefois être mis en perspective avec les bénéfices et risques globaux du traitement pour chaque patiente.
La décision de recourir au THS appartient à chaque femme, en concertation étroite avec son médecin. Elle ne doit jamais être motivée uniquement par des considérations esthétiques, mais doit s’inscrire dans une évaluation globale de la santé.
Pour les femmes qui présentent des préoccupations spécifiques comme le relâchement des paupières ou la perte de volume du visage, des approches complémentaires existent. Notre dossier sur les paupières tombantes et les solutions adaptées peut vous apporter des pistes concrètes.
Questions fréquentes
Le THS peut-il vraiment atténuer les rides liées à la ménopause ?
Le THS contribue à améliorer la qualité globale de la peau en stimulant la production de collagène et en favorisant l’hydratation. Il peut aider à atténuer les ridules superficielles et à retarder l’apparition de nouvelles rides. En revanche, il n’agit pas sur les rides profondes déjà installées ni sur les dommages causés par le soleil ou le tabac.
Quand commence-t-on à voir les effets du THS sur la peau ?
Les premiers effets cutanés du THS peuvent se manifester après quelques semaines de traitement. Une amélioration de l’hydratation est souvent l’un des premiers signes perceptibles. Les effets sur la fermeté et la densité cutanée prennent généralement plusieurs mois pour être vraiment visibles.
Le THS peut-il être pris uniquement pour améliorer la peau ?
Non. Le THS est un traitement médical prescrit pour traiter les symptômes de la ménopause dans leur ensemble. Il ne constitue pas un traitement cosmétique et ne doit pas être envisagé pour des raisons exclusivement esthétiques. Seul un médecin peut évaluer si ce traitement est adapté à votre situation personnelle.
Quels soins complémentaires adopter pendant ou après un THS ?
Un THS ne remplace pas une bonne routine de soin. Il est recommandé d’associer une protection solaire quotidienne, un soin hydratant adapté et éventuellement des actifs anti-âge comme le rétinol ou la vitamine C. La consultation d’un dermatologue permet d’affiner ces choix selon votre type de peau.
La peau se dégrade-t-elle rapidement après l’arrêt du THS ?
L’arrêt progressif du THS permet de limiter l’effet rebond. La peau peut perdre en hydratation et en fermeté, mais ce processus est généralement graduel. Adapter sa routine beauté et consulter un professionnel de santé pour accompagner cette transition aide à préserver la qualité cutanée dans la durée.
Les conseils de cet article sont donnés à titre informatif et ne remplacent pas un avis dermatologique. Consultez un professionnel de santé pour toute question spécifique.
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