Les pilules anti-âge à base d’antioxydants, d’enzymes ou d’hormones sont partout. Les promesses marketing flattent si bien notre instinct de centenaire en devenir qu’il est difficile de résister à leur vertu présumée. Qu’en est-il en réalité? Mise au point indispensable des spécialistes.

La DHEA

«Sur la peau, elle fait disparaître les taches brunes et favorise si bien la synthèse du collagène qu’un grand de la cosmétique américaine la teste actuellement dans ses crèmes pour, un jour peut-être, remplacer les injections de collagène, se félicite le professeur Etienne-Emile Baulieu de l’Académie des sciences. Sur la mémoire et le moral, elle fait aussi bien, mais on n’explique pas tout. Des études sont en cours.» Sur la libido? Oui, ça marche, après 70 ans…

Pour qui? «Cela ne dépend pas de l’âge, mais du taux produit par l’organisme. Il est donc impératif de faire un dosage sanguin», précise le chercheur.

Le bémol. La plus grande réserve s’impose chez les femmes ayant eu un cancer du sein ou ayant des prédispositions familiales. A ne pas surdoser, non plus, avec un traitement hormonal de la ménopause.

La mélatonine

«En rétablissant le sommeil perturbé, elle optimise le fonctionnement des hormones qui sont précisément sécrétées durant la nuit», a expliqué la professeure Joséphine Arendt, endocrinologue, lors des 4es Rencontres européennes de physionutrition.

L’hormone de croissance

«En prendre sans être réellement déficitaire peut s’avérer dangereux. Il est sage de la réserver aux maladies endocriniennes, avertit Jacques Epelbaum, directeur de recherche à l’Inserm et du laboratoire Neurobiologie de la croissance et de la sénescence. En effet, nos concentrations naturelles diminuent de 10 % tous les dix ans et c’est probablement une bonne chose. En effet, cette hormone entraîne la formation d’une autre hormone, qui, à forte dose, fait proliférer les cellules, ce qui peut être à l’origine de cancers.

Nous manquons de recul pour valider un éventuel bénéfice sur l’allongement de la vie et la jeunesse: les études réalisées sur des souris ont montré qu’en leur ôtant des gènes stimulant l’hormone de croissance, elles vivaient plus longtemps. Ce qui encourage à respecter sa chute naturelle plutôt que de vouloir en rajouter.» Une astuce pour augmenter son taux, sans comprimé ni injection: le sport d’endurance.

Le coenzyme Q10

C’est l’antioxydant des «poumons» de nos cellules, les mitochondries. Sa mission? Juguler l’encrassage lié au temps et favoriser la production d’énergie dans les cellules. «Sur le contour de l’oeil, six mois de traitement ont réduit la profondeur des rides. Pour le coeur, on note une augmentation du bon cholestérol et une baisse du mauvais, sachant que l’étude a été menée sur des patients coronariens.

Cependant, la supplémentation à des doses nutritionnelles (et non médicales) reste peu concluante», a commenté la professeure Anne-Marie Roussel, qui dirige le laboratoire Nutrition, Vieillissement, Maladies cardiovasculaires à l’université de Grenoble, lors des 4es Rencontres européennes de physionutrition. Les aliments gras boosteraient sa faible absorption intestinale. Dans l’assiette. On le trouve principalement dans la sardine, l’agneau, le boeuf, le poulet et le porc.

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